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Séminaire du 13 mars 2026 : Les contes mathématiques, entre langage, histoire et imaginaire

Le séminaire de l’IREM du vendredi 13 mars 2026 de 14h30 à 16h30 aura lieu au campus 2 de l’Université de Caen Normandie (bâtiment Sciences 3, 3e étage, salle S3 305) et en visio par webconférence.

Le séminaire sera animé les membres du groupe Histoire des mathématiques de l’IREM de Caen Normandie : Pierre Ageron, Marine Lebreton, Virginie Maquet, François Plantade, Didier Trotoux.

Résumé :

L’idée théorique sous-jacente à cette séance est qu’il existe des affinités structurelles et historiques entre les contes et les mathématiques. Elle s’inspire aussi de travaux récents sur les bénéfices possibles de l’utilisation de contes dans l’enseignement des mathématiques : travail sur l’écoute, répétition et transmission orale, travail sur l’imaginaire et construction d’images personnelles.

La première partie de la séance sera consacrée à une tentative de définition du genre « conte », à la présentation d’une classification des contes et à celle d’un schéma structurel commun à presque tous les contes. Elle se terminera par l’interprétation à plusieurs voix d’un conte (ou compte) « de lapins » original, inspiré de l’histoire des mathématiques et composé par l’une des animatrices de notre groupe.

La seconde partie sera consacrée aux récits, nouvelles ou romans dont l’intrigue fait intervenir du langage crypté par un code mathématique. Trois auteurs ayant utilisé la cryptographie comme stratégie narrative seront évoqués : Edgar Allan Poe, Arthur Conan Doyle et Jules Verne. Une activité de classe autour des Hommes dansants de Conan Doyle sera proposée.

La troisième partie sera consacrée à L’Homme qui calculait de Malba Tahan. Ce livre à l’immense succès international, initialement publié en portugais au Brésil en 1938 et traduit dans une vingtaine de langues, adopte le principe des Mille et Une Nuits : il enchâsse de nombreux contes mathématiques, souvent construits à partir de problèmes récréatifs très anciens, à l’intérieur d’un conte-cadre se déroulant à Bagdad au XIIIe siècle. On discutera de la genèse de ce livre et de ses sources historiques, puis de son potentiel didactique, des modalités pédagogiques envisageables (par le biais du théâtre, de l’histoire, des langues, etc.) sans omettre l’intérêt et les inquiétudes que les enseignants peuvent exprimer envers son ancrage culturel arabo-musulman.